Coda

CODA

Par Fabien Girard

Walter E. Kurtz: « I watched a snail crawl along the edge of a straight razor. That’s my dream; that’s my nightmare. Crawling, slithering, along the edge of a straight razor… and surviving. »†*‡

Le discours d’un fou furieux? Certes… mais surtout une réalité zoologique, et l’esquisse d’un projet artistique aussi risqué qu’ambitieux: l’adhésion à la vie, avec ses fluctuations et ses émotions contradictoires; le refus du réductionnisme et des maximalismes.
La mort de la peinture, abolie par la photographie, Malevitch et Duchamp… Une terre désolée sur laquelle il faut reconstruire – Où l’on ne peut pas copier ses maîtres sous peine de tomber dans un radotage oiseux. Ce sont les ombres de ce coupe-gorge stérile que Barberis a décidé de ressusciter.

Barberis a ouvert le testament de la peinture pour y trouver sa pierre philosophale – la régénération des chaires et des âmes.
Il était un temps où le peintre pouvait être un faiseur – cette époque est révolue.
Parce qu’il appréhende avec ses émotions qu’il restitue au travers du prisme de l’histoire de l’art, Barberis nous prend par les sentiments et nous emmène dans le théâtre des rêves.

Il nous propose une richesse qui n’est pas celle de la saturation et de la surabondance, mais celle de l’in-fini et de ses potentialités – un monde qui suinte de promesses, mais ne saurait écarter complètement la catastrophe. Il trouve et explore le moment décisif aussi bien dans la vie que dans l’acte créateur.

Barberis ne nie pas le hors-champs, il le rend caduc. L’artiste et ses intentions s’effacent – les œuvres nous entraînent dans des expériences vitales.
Loin de la cristallisation stendhalienne, les œuvres de Barberis nous proposent une relation durable, complexe et féconde. Elles nous réconcilient non seulement avec une peinture actuelle et audacieuse, mais surtout avec nous-mêmes et nos émotions volages.

Barberis fait partie de ces mutants qui nous laissent entrevoir l’avenir d’une peinture turbulente et habile, apaisée et conquérante.
En réenchantant la peinture, Barberis réinvente les possibles de nos vies.

†*‡ »J’ai observé un escargot qui rampait sur le fil d’un rasoir. Voilà mon rêve; voilà mon cauchemar. Ramper, glisser sur le fil d’un rasoir… et survivre. » 

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